Sous-location sans contrat : quels risques et comment régulariser ?

Accord du propriétaire, contrat ou déclaration : ce qui manque change la marche à suivre.

Tout dépend de l’écrit qui manque. Sans accord écrit du propriétaire, la sous-location d’un logement du parc privé est irrégulière, même si vous avez signé un contrat avec le sous-locataire (article 8 de la loi du 6 juillet 1989). Avec cet accord mais sans contrat avec le sous-locataire, la sous-location est autorisée, mais vous n’avez aucune preuve des dates, du prix et des règles convenues.

Ce qui manqueRisque principalProchaine étape
L’accord écrit du propriétaire (sur la sous-location et le prix)Résiliation du bail, remboursement des sous-loyers perçus, dommages et intérêts (Service-Public.fr)Suspendre les nouvelles occupations et demander l’accord avec le modèle d’autorisation de sous-location
Le contrat avec le sous-locataireLitige sur les dates, le prix, les charges, l’état du logement ou le départSigner un contrat, même en cours de séjour, avec l’autorisation et la copie du bail en annexe
Une déclaration (impôts, CAF, enregistrement d’un meublé de tourisme)Rappel d’impôt, trop-perçu d’aide au logement, amende à ParisSuivre le guide adapté (liens plus bas)

Ce guide s’adresse au locataire principal. Vous êtes sous-locataire ? Demandez au locataire principal l’autorisation écrite du propriétaire et la copie du bail en cours : il doit vous les transmettre (Service-Public.fr). Pour le cadre complet, voir la sous-location légale à Paris.

Sous-location sans contrat : de quoi parle-t-on exactement ?

L’expression mélange deux écrits différents :

  • L’accord écrit du propriétaire est l’autorisation préalable de sous-louer. Il porte sur le fait de sous-louer et sur le montant du loyer demandé (Service-Public.fr). C’est la condition légale.
  • Le contrat de sous-location, entre vous et le sous-locataire, organise le séjour : dates, prix, charges, état des lieux, assurance, départ.

Un contrat bien rédigé ne remplace pas l’accord du propriétaire. À l’inverse, un accord sans contrat laisse la sous-location autorisée mais fragile.

La règle est la même que vous sous-louiez tout le logement ou une seule chambre : accord écrit du propriétaire, et sous-loyer au m² de surface habitable au plus égal au loyer au m² que vous payez (Service-Public.fr). En logement social, la sous-location du logement entier est interdite.

L’accord que vous avez est-il suffisant ?

Un accord oral ne répond pas à l’exigence d’écrit. Un email peut constituer un écrit si l’on peut identifier son auteur et garantir l’intégrité de sa conservation (article 1366 du Code civil). Vérifiez qu’il mentionne au moins le logement, la période, l’usage (location à des voyageurs ou occupant unique) et le prix ; sinon, faites-le compléter.

Quels sont les risques d’une sous-location sans autorisation ?

Sous-louer sans autorisation peut entraîner la résiliation de votre bail et de celui du sous-locataire. Vous pouvez aussi être condamné à verser au propriétaire le montant des sous-loyers perçus, voire des dommages et intérêts en cas de préjudice (Service-Public.fr). La Cour de cassation juge que, sauf autorisation du bailleur, les sous-loyers perçus appartiennent au propriétaire et doivent lui être remboursés (ANIL, Cass. civ. 3e, 12 septembre 2019, n° 18-20.727) : la somme en jeu grandit avec la durée de la sous-location.

Même avec un accord, vous restez responsable envers le propriétaire : vous répondez des dégradations et des pertes causées par votre sous-locataire (article 1735 du Code civil). Sans contrat ni état des lieux, vous aurez du mal à vous retourner contre lui.

Le tableau complet des conséquences (propriétaire, sous-locataire, amendes parisiennes) figure dans les risques d’une sous-location non autorisée.

Comment régulariser une sous-location ?

1. Relire votre bail

Repérez les clauses sur la sous-location, l’usage des lieux et le nombre d’occupants, et vérifiez que votre logement n’est pas un logement social.

2. Demander l’accord écrit du propriétaire

Envoyez la demande de préférence en recommandé avec accusé de réception (Service-Public.fr). Elle doit décrire la situation réelle :

  • l’objet : demande d’autorisation de sous-location (article 8 de la loi du 6 juillet 1989) ;
  • les références du bail ;
  • le motif et les dates de la sous-location ;
  • l’identité du sous-locataire s’il est connu, et le nombre d’occupants ;
  • l’usage (occupant unique ou voyageurs successifs) ;
  • le sous-loyer proposé, charges à part, avec le calcul au m² ;
  • vos engagements : état des lieux, assurance, respect du règlement de copropriété.

Le modèle d’autorisation de sous-location contient la lettre de demande et l’autorisation à faire signer. Adaptez-le à votre bail. Si la sous-location a commencé sans accord, ne prenez pas de nouvelle occupation avant la réponse écrite.

3. Signer un contrat avec le sous-locataire

Clauses à prévoir :

  • identité des parties et logement concerné ;
  • dates d’entrée et de sortie, dans la limite de la durée de votre bail (Service-Public.fr) ;
  • loyer, charges, échéance et mode de paiement ;
  • dépôt éventuel et conditions de restitution ;
  • inventaire du mobilier et état des lieux d’entrée et de sortie ;
  • attestation d’assurance couvrant le logement et les dates du séjour ;
  • règles d’occupation et interdiction de sous-louer à son tour ;
  • en annexe : l’autorisation écrite du propriétaire et la copie du bail en cours, que vous devez transmettre au sous-locataire (article 8).

4. Vérifier l’assurance

Votre assurance habitation doit couvrir au minimum les risques locatifs (Service-Public.fr). Demandez à votre assureur, par écrit, si la sous-location est couverte et à quelles conditions.

5. Régulariser les déclarations

Cas particuliers

Colocation. Si une seule personne est au bail et loue une chambre à une autre, il s’agit en pratique d’une sous-location : l’accord écrit du propriétaire est nécessaire.

Bail mobilité. Pour loger un occupant en mobilité, le bail mobilité est un contrat meublé de 1 à 10 mois réservé à certains publics (Service-Public.fr). Un locataire qui veut sous-louer dans ce cadre a toujours besoin de l’accord écrit de son propriétaire ; voir le bail mobilité à Paris.

Quelles preuves en cas de sous-location illégale ?

En cas de conflit, chacun doit pouvoir prouver ce qu’il avance : l’occupation par un tiers, l’absence ou l’existence d’un accord, les sommes perçues, les dates.

Côté locataire principal, conservez :

  • la demande d’autorisation et la réponse du propriétaire ;
  • le contrat de sous-location, l’état des lieux et l’inventaire ;
  • les attestations d’assurance ;
  • les preuves de paiement et le calendrier d’occupation.

Côté propriétaire, les éléments habituels sont les annonces en ligne (captures datées avec l’adresse de la page), les échanges écrits, les attestations et un constat de commissaire de justice. Les preuves doivent être recueillies loyalement : pas d’intrusion dans le logement ni d’accès à des données privées. Le guide du propriétaire face à une sous-location détaille la démarche.

Pour un contentieux ou une mise en demeure, faites-vous conseiller par l’ADIL ou un avocat.

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FAQ : sous-location sans contrat

La condition légale est l’accord écrit du propriétaire. Sans contrat avec le sous-locataire, vous n’avez pas de preuve des dates, du prix, des charges et de l’état du logement : signez au moins un écrit simple, avec l’autorisation et la copie du bail en annexe.

Un message écrit peut constituer un écrit si l’on peut identifier son auteur et garantir sa conservation (article 1366 du Code civil). Il doit aussi exprimer l’accord sur la sous-location et sur le prix. Privilégiez une autorisation signée ou un email explicite.

Oui. Sauf autorisation du bailleur, les sous-loyers perçus appartiennent au propriétaire et doivent lui être remboursés (Cour de cassation, 12 septembre 2019, citée par l’ANIL).

Ne prenez pas de nouvelle occupation, demandez l’accord écrit du propriétaire en décrivant la situation réelle, puis régularisez le contrat, l’assurance et les déclarations. Si une mise en demeure est déjà arrivée, faites-vous accompagner par l’ADIL ou un avocat.

Oui : en meublé, ils relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (impots.gouv.fr). La démarche est détaillée dans déclarer ses revenus de sous-location .

Sources officielles

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Faire étudier mon logement
Mis à jour le 5 mars 2026Publié le 21 novembre 20257 min de lecture
Drystan Ponsen

Écrit par

Drystan Ponsen · Cofondateur, stratégie & exploitation

Cofondateur de Leazly, Drystan conçoit le cadre opérationnel et juridique qui sécurise chaque sous-location gérée par l'agence à Paris.

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