Sous-location non déclarée aux impôts : risques et régularisation

Le canal de correction selon l'année de vos recettes, puis la démarche en six étapes.

Vous avez encaissé des sous-loyers sans les déclarer ? Corrigez chaque année concernée par une déclaration rectificative. Si vous le faites spontanément, avant tout contrôle, et que l’oubli est de bonne foi dans une déclaration déposée à temps, vous payez l’impôt dû et un intérêt de retard réduit de moitié, sans majoration (impots.gouv.fr).

Le canal dépend de l’année des recettes (situation au 27 septembre 2026) :

Recettes perçues enCanal de correction
2026Rien à corriger : déclarez-les au printemps 2027 (déclarer ses revenus de sous-location).
2025Service de correction en ligne de votre espace Finances publiques, ouvert jusqu’au 30 novembre 2026 inclus (impots.gouv.fr). Ensuite : messagerie sécurisée ou courrier.
2024 et 2023Signalement à votre service des impôts des particuliers : messagerie sécurisée de votre espace, courrier ou rendez-vous (impots.gouv.fr).

Dans la messagerie sécurisée, le chemin indiqué par l’administration est « Écrire », puis « Réclamation/Contestation/Impôt sur le revenu » (impots.gouv.fr). Pour la déclaration normale des recettes (régimes, cases de la 2042-C-PRO, exonérations), voir le guide déclarer ses revenus de sous-location.

Corriger sa déclaration : la démarche en 6 étapes

1. Lister les années à corriger

Pour l’impôt sur le revenu, l’administration peut réclamer un supplément jusqu’à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l’impôt est dû, soit jusqu’au 31 décembre 2026 pour les revenus 2023. Ce délai passe à dix ans en cas de soupçon de fraude, y compris d’activité occulte (Service-Public.fr). Faites la liste de toutes les années de sous-location, pas seulement de la dernière.

2. Reconstituer les recettes par année civile

Totalisez, pour chaque année, les sommes encaissées : loyers, charges facturées au sous-locataire et provisions pour charges (impots.gouv.fr). Partez des relevés annuels de la plateforme et de vos relevés bancaires, avant déduction des frais de plateforme, et notez les dates de chaque séjour.

PièceÀ quoi elle sert
Relevés annuels de la plateforme, relevés bancairesMontant des recettes, année par année
Contrats de sous-location, calendrier des séjoursDates, type de location (courte ou longue durée)
Bail principal et quittancesLoyer reversé, utile pour un éventuel régime réel
Factures (ménage, linge, frais de plateforme)Charges, si vous relevez du réel
Autorisation écrite du propriétaireSituation côté bail (voir plus bas)

3. Identifier le régime et la case de chaque année

En sous-location meublée, les recettes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et se déclarent sur la 2042-C-PRO (impots.gouv.fr). Les seuils et abattements du micro-BIC ont changé à partir des revenus 2025 : pour les recettes 2025, 15 000 € et 30 % pour un meublé de tourisme non classé (case 5NH), 77 700 € et 50 % pour une location meublée de longue durée (case 5NI) (Service-Public.fr). Pour 2023 et 2024, appliquez les règles de l’année corrigée, indiquées dans la notice de la déclaration de cette année-là.

4. Régulariser votre numéro SIRET

Une activité de loueur en meublé se déclare sur le guichet des formalités des entreprises, gratuitement, dans les 15 jours qui suivent le premier jour de location ; le numéro SIRET obtenu est à reporter sur la déclaration (Service-Public.fr). Si vous ne l’avez jamais fait, faites-le avant ou en même temps que la correction.

5. Déposer la correction

Utilisez le canal du tableau d’ouverture. Dans votre message ou votre courrier, indiquez pour chaque année : la nature des recettes (sous-location meublée), les périodes, le montant total encaissé et la case concernée. Gardez vos justificatifs prêts : l’administration peut demander des précisions (impots.gouv.fr).

6. Payer, ou demander un échéancier

La réduction de moitié de l’intérêt de retard suppose que les droits soient payés au dépôt de la déclaration rectificative, ou selon l’échéancier accordé par le comptable public si vous demandez un étalement (BOFiP, BOI-DAE-20-10). Un nouvel avis d’impôt est émis après traitement (Service-Public.fr).

Ce que vous risquez si vous ne régularisez pas

Côté impôts : intérêts, majorations et délai de reprise

SituationConséquence
Correction spontanée, de bonne foi, déclaration initiale déposée à tempsImpôt dû + intérêt de retard réduit de moitié (1,2 % par an), sans majoration (impots.gouv.fr)
Correction après l’engagement d’un contrôleIntérêt de retard réduit de 30 % au lieu de 50 % (impots.gouv.fr)
Déclaration déposée en retardMajoration de 10 %, 40 % sans dépôt dans les 30 jours d’une mise en demeure, intérêt de 0,20 % par mois (Service-Public.fr)
Activité occulte découverteMajoration de 80 %, sans mise en demeure préalable (Service-Public.fr), et délai de reprise de dix ans (Service-Public.fr)

Service-Public définit l’activité occulte comme une activité, licite ou illicite, non déclarée (Service-Public.fr). Plus la correction intervient tôt, plus vous restez dans la première ligne du tableau.

Côté bail : la déclaration fiscale ne remplace pas l’accord du propriétaire

Déclarer les recettes ne rend pas la sous-location régulière vis-à-vis du propriétaire. Sans son accord écrit, qui porte aussi sur le prix (article 8 de la loi du 6 juillet 1989), vous vous exposez à la résiliation du bail, au versement au propriétaire des sous-loyers perçus, voire à des dommages et intérêts (Service-Public.fr). La Cour de cassation juge que les sous-loyers perçus sans autorisation appartiennent au propriétaire et doivent lui être remboursés (ANIL, Cass. civ. 3e, 12 septembre 2019, n° 18-20.727).

Si la sous-location continue, demandez l’accord écrit avant la prochaine occupation avec le modèle d’autorisation de sous-location. Si vous touchez une aide au logement, lisez aussi sous-location non déclarée à la CAF.

À Paris, pour une location touristique

Une location à des voyageurs de passage relève aussi des règles des meublés de tourisme. Le non-respect du plafond annuel de location d’une résidence principale expose à une amende civile pouvant atteindre 15 000 €, le défaut de déclaration ou d’enregistrement à une amende administrative pouvant atteindre 10 000 € (article L324-1-1 du Code du tourisme, version en vigueur depuis le 20 mai 2026).

Ensuite : déclarer chaque année sans oubli

Tenez un fichier des recettes et des séjours par année civile, conservez les relevés de la plateforme et déclarez les recettes au printemps suivant. Si vous préférez confier votre logement pendant vos absences, avec l’accord écrit de votre propriétaire, Leazly propose une sous-location gérée pour les locataires parisiens.

FAQ

Oui. Les sommes encaissées sont des recettes imposables, même si vous les reversez à votre propriétaire. Au micro-BIC, l’abattement forfaitaire tient compte des charges ; au régime réel, vous déduisez la part du loyer correspondant à la sous-location, sur justificatifs.

Jusqu’au 30 novembre 2026 inclus, depuis « Accéder à la correction en ligne » dans votre espace Finances publiques (impots.gouv.fr). Après cette date, passez par la messagerie sécurisée ou par courrier.

En principe jusqu’à la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l’impôt est dû : les revenus 2023 peuvent être rectifiés jusqu’au 31 décembre 2026. Le délai passe à dix ans en cas de fraude ou d’activité occulte (Service-Public).

Oui. Sauf autorisation du bailleur, les sous-loyers perçus appartiennent au propriétaire et doivent lui être remboursés (Cour de cassation, 12 septembre 2019, citée par l’ANIL). La régularisation fiscale ne change rien à ce risque.

Oui : un meublé de tourisme doit être déclaré et enregistré, et une résidence principale ne peut pas être louée plus de 90 jours par année civile à Paris. Le cadre complet figure dans la sous-location légale à Paris .

Sources officielles

Une déclaration se corrige depuis votre espace particulier. Accéder à impots.gouv.fr →

Mis à jour le 27 septembre 2026Publié le 17 février 20266 min de lecture
Martin Pacton

Écrit par

Martin Pacton · Account Manager, partenariats & acquisition

Chez Leazly, Martin accompagne locataires et propriétaires parisiens dans la mise en place de leur projet de sous-location, du premier contact à la mise en exploitation.

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