Bail de sous-location professionnelle : professionnel, commercial ou habitation ?

Le titre du contrat ne fixe pas le régime : c'est le local et son usage réel.

Un « bail de sous-location professionnelle » n’est pas une catégorie juridique : c’est un titre. Les règles de sous-location dépendent du local et de son usage réel. Un local professionnel se sous-loue en principe librement si le bail ne l’interdit pas ; un local commercial ne se sous-loue qu’avec une clause ou l’accord du bailleur ; un logement loué comme résidence principale exige l’accord écrit du bailleur, y compris sur le prix.

Repérez d’abord votre situation, puis lisez la partie qui s’y rapporte.

Réponse courte : trois régimes, trois logiques

Votre situationContrat en causeRègle de départ pour sous-louerOù lire la suite
Local exclusivement professionnel, par exemple un cabinet libéralBail professionnelSous-location possible sauf si le bail l’interdit ; le bailleur doit en être informé par écrit (Entreprendre.Service-Public.fr)Partie 1
Local commercial, artisanal ou industrielBail commercialInterdite en principe ; possible avec l’autorisation du bailleur, qui doit être informé de l’acte (Entreprendre.Service-Public.fr)Partie 2 et le guide sous-location d’un bail commercial
Logement loué comme résidence principale du locataireBail d’habitation (loi du 6 juillet 1989)Accord écrit du bailleur sur le principe et sur le prix ; sous-loyer au mètre carré plafonné (article 8)Partie 3
Appartement que son propriétaire confie à une société qui l’exploiteContrat à qualifier (bail, mandat de gestion)Ni le titre du contrat ni l’absence de résidence principale de la société ne suffisent à fixer le régimeLe cas d’un appartement confié à un opérateur

Un appartement destiné à accueillir des voyageurs ne devient pas un local professionnel parce que l’opérateur exerce une activité professionnelle. Inversement, un cabinet libéral ne relève pas du bail d’habitation parce qu’il se trouve dans un immeuble résidentiel.

1. Bail professionnel : vérifier la clause et la destination

Le bail professionnel concerne un local affecté à un usage exclusivement professionnel, surtout pour une activité libérale. Il dure au moins six ans (Entreprendre.Service-Public.fr).

Le Code civil pose le principe : le preneur peut sous-louer si cette faculté ne lui a pas été interdite (article 1717). Le locataire doit informer le bailleur par écrit et reste entièrement responsable envers lui du loyer, de l’entretien et du respect du bail ; le sous-locataire n’a aucun lien direct avec le bailleur (Entreprendre.Service-Public.fr).

Le bail peut interdire la sous-location, exiger un accord préalable, la limiter à certaines pièces ou à la même activité, ou encadrer l’accueil du public. La réponse se trouve donc dans le bail principal et dans le règlement de copropriété, pas dans le titre du sous-bail.

2. Bail commercial : autorisation et concours du bailleur

Pour un bail commercial, le principe est inversé : toute sous-location totale ou partielle est interdite, sauf stipulation contraire du bail ou accord du bailleur (Code de commerce, articles L145-31 et suivants). Selon Entreprendre.Service-Public.fr :

  • la sous-location n’est régulière que si le bailleur l’a autorisée et a été informé de l’acte ;
  • le bailleur, appelé à concourir à l’acte, dispose de 15 jours pour dire s’il entend intervenir ; sans réponse, son accord est considéré comme donné ;
  • si le sous-loyer est supérieur au loyer principal, le bailleur peut réclamer une majoration du loyer principal.

La procédure, les pièces à joindre et les cas de sous-location partielle sont détaillés dans notre guide sous-location d’un bail commercial.

3. Bail d’habitation : accord écrit et plafond du sous-loyer

Pour un logement loué comme résidence principale du locataire, l’article 8 de la loi du 6 juillet 1989 et Service-Public.fr imposent :

  • l’accord écrit du bailleur, sur le principe et sur le montant du sous-loyer ;
  • un sous-loyer au mètre carré de surface habitable qui ne dépasse pas celui du locataire principal ;
  • la remise au sous-locataire de l’autorisation et d’une copie du bail en cours ;
  • une sous-location qui ne dure pas plus que le bail : à sa fin, le sous-locataire n’a aucun droit vis-à-vis du bailleur.

Ces règles s’appliquent même si le locataire confie l’exploitation à un professionnel. Un sous-bail intitulé « professionnel » ou « commercial » ne les écarte pas. Pour le bailleur qui reçoit une telle demande, le modèle d’autorisation de sous-location reprend les mentions à écrire.

Le cas sensible : un appartement parisien confié à un opérateur

Un propriétaire peut recevoir une proposition dans laquelle une société devient son locataire, lui promet un montant fixe et héberge ensuite des voyageurs ou des locataires temporaires.

Le régime du contrat. L’article 2 de la loi du 6 juillet 1989 vise notamment les logements qui constituent la résidence principale du preneur. Une société n’a pas de résidence principale : ce bail n’entre donc pas, à ce titre, dans ce régime. Cela ne suffit pas à conclure qu’il relève uniquement du Code civil. Un éventuel statut commercial, les clauses du contrat, une soumission volontaire à la loi de 1989 et les règles impératives restent à examiner : faites qualifier le contrat avant d’en négocier la durée, le dépôt et la sortie.

Le rôle de la société. Si elle agit pour votre compte, par un mandat de gestion, la loi Hoguet exige une carte professionnelle, une assurance de responsabilité civile professionnelle et une garantie financière pour la gestion immobilière. Si elle devient votre locataire et exploite en son nom, ne déduisez pas de cette seule formule qu’elle échappe à cette loi : la qualification dépend des missions, des parties et des flux financiers réels.

L’usage du logement. Le nom du contrat ne remplace aucune autorisation. L’article L631-7 du Code de la construction et de l’habitation range les logements inclus dans un bail commercial parmi les locaux d’habitation. À Paris, une résidence principale louée en meublé de tourisme est limitée à 90 jours par année civile ; un autre logement exige un changement d’usage avec compensation, puis un changement de destination, avant la première nuit (Ville de Paris). L’exception de la résidence principale vise celle du loueur (article L631-7-1 A) : quand une société signe en son nom avec les voyageurs, faites identifier ce loueur.

Les pièces à demander à l’opérateur, les clauses de montant, de dégâts et de sortie et un exemple de contrat ligne à ligne sont dans le guide sous-location professionnelle : comment évaluer un opérateur.

Leazly accompagne les propriétaires parisiens qui s’absentent au moins deux semaines : selon le dossier, un bail civil ou un mandat de gestion, avec un revenu fixe ou proratisé selon le contrat, sans commission. Le fonctionnement est décrit sur la page location courte durée pendant une absence.

Lire le sous-bail dans le bon ordre

  1. Le bail principal : destination, clause de sous-location et de cession, durée, loyer et charges, assurances, travaux, résiliation. Le sous-bail ne peut pas accorder une durée, un usage ou des droits supérieurs.
  2. L’autorisation : elle doit correspondre au projet réel (occupants, partie du local, durée, usage, prix) et respecter le formalisme du régime applicable.
  3. Les clauses du sous-bail : parties, annexion du bail principal, description des locaux, destination et activités interdites, durée liée au bail principal, loyer et charges, garanties, assurances, travaux et remise en état, clés et accès, sinistres, résiliation et restitution.
  4. Les pièces : bail principal complet, autorisation, preuve de l’information du bailleur si elle est exigée, règlement de copropriété, état des lieux et inventaire, attestations d’assurance, autorisations administratives.

Audit avant signature

Point à vérifierOui / Non
Le local et son usage réel sont identifiés
Le régime du bail est qualifié
La clause de sous-location est compatible
L’accord et le formalisme sont respectés
Le sous-bail ne dépasse pas les droits du bail principal
La copropriété est compatible
Les autorisations parisiennes sont documentées
Les assurances visent l’activité réelle
La fin du bail et la restitution sont organisées

Un « non » sur l’usage, l’autorisation ou la conformité locale se règle avant la signature, pas après l’arrivée du premier occupant.

FAQ

Non. Elle est possible si le bail ne l’interdit pas, et le bailleur doit en être informé par écrit. Le bail peut l’interdire ou l’encadrer ; la destination et la copropriété doivent aussi être respectées.

Elle est interdite en principe, sauf clause du bail ou accord du bailleur. Le bailleur doit ensuite être informé de l’acte et appelé à y concourir.

Le titre du document ne change pas les règles de son bail : accord écrit du bailleur sur le principe et le prix, plafond du sous-loyer et usage réel restent déterminants.

Le contrat doit être qualifié selon le local et l’activité réelle. Même signé, il ne remplace ni la destination, ni la copropriété, ni les autorisations parisiennes.

Une relecture est prudente lorsque le montage mélange logement, exploitation touristique, bail commercial, montant fixe ou engagement long.

Sources officielles

Évaluer un opérateur

Modèles de contrat, risque supporté et documents à demander avant de confier votre logement à une société.

Lire le guide propriétaire
Mis à jour le 27 septembre 2026Publié le 11 mai 20267 min de lecture
Drystan Ponsen

Écrit par

Drystan Ponsen · Cofondateur, stratégie & exploitation

Cofondateur de Leazly, Drystan conçoit le cadre opérationnel et juridique qui sécurise chaque sous-location gérée par l'agence à Paris.

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